Le lycée au jour le jour

COMPTE-RENDU DU CLUB LECTURE DÉCEMBRE 2025

Par AED TICE, publié le mardi 6 janvier 2026 14:57 - Mis à jour le mardi 6 janvier 2026 14:57

Khaled Hosseini, Mille soleils splendides (par Anaïs Loubet)

Afghanistan, années 2000. Les Talibans sont de retour et avec eux, une société qui invisibilise les femmes et ouvre la porte à toutes les violences qui les menacent. C’est dans ce contexte que Mariam et Leila se trouvent mariées au même homme, selon la loi de la polygamie. L’hostilité de Mariam envers la jeune Leila ne tarde pas à se manifester. Mais cette vie de soumission ne peut-elle aussi déboucher sur une véritable sororité ? Un très beau roman, qui fait naître des émotions intenses.

 

Toshigazu Kawaguchi, Tant que le café sera chaud (par Ysra Lamine)

Une femme a rendez-vous avec son compagnon à Funiculi Funicula, un café de Tokyo pas comme les autres. On peut y voyager dans le passé, mais selon certaines règles précises. Lorsqu’elle se voit abandonnée par l’homme qu’elle aime, l’amante rejetée accepte ce voyage dans le temps… Un roman « feel good » à la japonaise, premier d’une longue série de succès.

 

Madeline Miller, Le chant d’Achille (par Eulalie Billet)

L’histoire d’Achille et de Patrocle, amants magnifiques, tels que décrits par Platon dans le Banquet. Au-delà de leur héroïsme, illustré par le récit d’Homère dans l’Iliade, le roman s’attache à l’amitié amoureuse entre les deux hommes, passée bien longtemps sous silence. Une amplification très réussie de l’épopée homérique.

 

Robin Hobb, Les Aventuriers de la Mer, t1 : Le Vaisseau magique (par Ludivine Auzias)

Un capitaine possède un vaisseau magique, le Vivacia, doté d’une figure de proue qui prend prendre vie. A sa mort, il lègue le bateau à son gendre, le mari d’une de ses deux filles. Mais son autre fille, Althéa, vit ce legs comme une injustice et entreprend de récupérer cet héritage. Va-t-elle y parvenir ? Un roman fantasy non dénué de poésie…

 

Emmanuel Carrère, Kolkhoze (par Annie Malmon)

Dans ce récit consacré à la lignée maternelle, Emmanuel Carrère revient sur le parcours de sa mère Hélène Carrère d’Encausse, qui fut secrétaire perpétuelle de l’Académie française. D’origine russe et géorgienne, Hélène Carrère d’Enacusse porta son pays natal dans son cœur tout au long de sa vie. Son fils va explorer l’histoire familiale, et finir par expliquer le titre quelque peu énigmatique qu’il lui a donné.

 

Titiou Lecoq – Marie Dubois, Les grandes oubliées (par Amandine Ferrié)

Pourquoi l’Histoire a-t-elle trop souvent effacé les femmes de la mémoire collective ? Et surtout, comment réparer cet oubli, ressusciter les noms des autrices, des philosophes, des militantes, des scientifiques ? Titou Lecoq s’y attelle, avec humour et détermination, y compris sous la forme graphique de son essai, très réussie, grâce aux illustrations de Marie Dubois. Un ouvrage engagé, féministe et instructif.

 

Julia Deck, Ann d’Angleterre (par Antigone Longelin)

Sous des airs de titre royal, le récit de Julia Deck nous invite à suivre l’itinéraire de sa mère, qui a su s’extraire de son milieu d’origine pour étudier les Lettres, devenir traductrice et venir s’installer en France. Tandis que, parvenue au soir de sa vie, elle végète littéralement à l’hôpital après un AVC, la narratrice revient sur leur histoire commune, et parvient à remonter jusqu’à un douloureux sacret de famille. Une écriture directe et efficace, rendant le lecteur tour à tour curieux de ce drôle de destin, et ému par les rapports complexes entre ces deux femmes.